FAITS MARQUANTS
Contexte sociodémographique
En 2022, les Pays de la Loire comptent 350 000 jeunes âgés de 11 à 17 ans, soit 9 % de la population régionale.
53 % des adolescents vivent en milieu rural (contre 35 % en France), avec une différence marquée entre la Loire-Atlantique (36 %) et la Vendée (71 %).
La région présente un taux de pauvreté inférieur à la moyenne nationale (11 % contre 14,5 % en 2021), mais avec des disparités départementales : 14 % pour la Sarthe contre 9 % pour la Vendée. Elle compte également moins de familles monoparentales (13 % contre 17 % en France), sachant que ces familles sont globalement plus exposées à la pauvreté.
Un recours au médecin généraliste en recul et des disparités sociales marquées pour le recours au chirurgien-dentiste
Au cours de l’année 2024, 8 jeunes sur 10 ont consulté un médecin généraliste ou un pédiatre.
Le recours au médecin généraliste est en recul : 81 % des adolescents de 11-17 ans ont consulté un médecin généraliste au moins une fois en 2024, contre 85 % en 2019.
Sur la même période, 1 jeune sur 2 a eu recours à un chirurgien-dentiste ou un orthodontiste, avec un recours au cabinet dentaire en hausse : 53 % en 2024 contre 49 % en 2019.
Si on n’observe pas de différence selon le sexe chez les 11-14 ans, les filles consultent un peu plus que les garçons à partir de 15 ans, que ce soit le médecin généraliste ou le chirurgien-dentiste.
Des écarts de recours au chirurgien-dentiste sont mis en évidence selon le milieu social des jeunes. 27 % des adolescents bénéficiant de la Complémentaire santé solidaire (C2S) n’ont pas consulté de chirurgien-dentiste pendant 3 années consécutives contre 11 % des jeunes ne bénéficiant pas de cette complémentaire.
1 adolescent sur 13 pris en charge pour une maladie chronique
8 % des jeunes de 11-17 ans sont pris en charge pour une maladie chronique, le plus souvent pour une maladie respiratoire (3,1 %, principalement pour asthme) ou pour une pathologie psychiatrique (2,5 %).
Le taux de jeunes pris en charge pour une maladie chronique a augmenté de 10 % depuis 2019, en lien avec une augmentation des prises en charge psychiatriques.
Avant l’âge de 15 ans, les garçons sont plus souvent pris en charge pour une maladie chronique que les filles, notamment pour une pathologie respiratoire chronique (chez les 11-14 ans, 4,2 % des garçons contre 2,6 % des filles) ou pour une pathologie psychiatrique (2,6 % contre 1,5 %).
Concernant le handicap, 2,2 % des jeunes de moins de 20 ans bénéficient de l’allocation d’éducation de l’enfant handicapé en 2024. Le taux le plus élevé est observé en Mayenne (3,9 %).
Au cours de l’année scolaire 2023-2024, parmi les élèves du secondaire scolarisés en milieu ordinaire, 3,3 % sont porteurs de handicap.
Santé mentale : une forte augmentation des prises en charge chez les filles
En 2023, 3,2 % des jeunes de 11-17 ans sont pris en charge pour des troubles de la santé mentale. Avant l’âge de 15 ans, les garçons sont globalement plus concernés que les filles par les prises en charge en santé mentale à cause du poids des troubles du développement intellectuel ou des troubles débutant dans l’enfance. À partir de 15 ans, compte tenu de l’apparition de troubles anxiodépressifs chez les filles, la tendance s’inverse.
Les filles sont plus concernées que les garçons par les hospitalisations pour tentative de suicide (1 000 filles pour 150 garçons en 2024) ou pour troubles des conduites alimentaires (moins de 260 filles pour moins de 10 garçons). Il est à noter que l’expression de la souffrance psychique diffère entre les filles et les garçons, les premières ayant une expression plus internalisée alors que les garçons vont avoir des comportements plus externalisés (prise de risque, impulsivité, consommation excessive…).
En termes d’évolution, une hausse des prises en charge est observée depuis 2021, surtout chez les filles avec une augmentation de la prévalence des troubles anxiodépressifs. Le nombre de jeunes filles hospitalisées pour tentative de suicide a doublé depuis 2021. Ce constat analogue est mis en évidence pour les hospitalisations dues à un trouble des conduites alimentaires chez les filles de 15-17 ans.
Naissances et IVG chez les adolescentes en recul
En 2024, 304 interruptions volontaires de grossesse (IVG) ont été réalisées chez des jeunes filles mineures résidant dans les Pays de la Loire, soit 4,0 IVG pour 1 000 mineures. Ce taux est en recul entre 2016 et 2024 (-24 %).
Le taux d’interruptions volontaires de grossesse est inférieur à la moyenne nationale dans tous les départements, à l’exception de la Sarthe. La baisse enregistrée dans la région est principalement observée en Loire-Atlantique et en Mayenne.
Sur les années récentes, on observe en moyenne 130 naissances parmi les mineures, soit 1,7 naissance pour 1 000 jeunes filles. Ce taux est également en recul depuis 2015.
Des inégalités départementales
La Sarthe et la Mayenne montrent des fragilités qui peuvent notamment être liées à l’offre de soins, on y observe une baisse du recours au médecin généraliste plus marquée que dans les autres départements (respectivement -6 points et -5 points entre 2019 et 2024 contre -2 à -4 points par ailleurs).
Si le non-recours au chirurgien-dentiste est en recul, il reste élevé en Sarthe et en Mayenne : 21 % et 17 % des jeunes n’ont pas consulté de chirurgien-dentiste sur 3 années consécutives contre 10 % à 13 % dans les autres départements. Dans ces deux départements, le taux de non-recours au cabinet dentaire atteint respectivement 39 % et 37 % chez les jeunes bénéficiaires de la C2S.
Du point de vue de la santé mentale, la Mayenne, la Sarthe et la Vendée présentent des taux d’hospitalisation pour tentative de suicide chez les filles supérieurs à la moyenne nationale, avec une hausse continue depuis 2021.